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Alban

Mardi 9 octobre 2007
- Par Alban



Il en va des mauvais clips comme des mauvaises herbes. On croyait en être débarrassé mais non. Pour preuve, je vous propose le clip de Yannick Noah « Aux arbres citoyens »

 



Je croyais ce genre de clips cantonnés aux sous-produits musicaux pour enfants.

Le genre de productions M6 Interactions comme « Bébé Lilly »1 ou « Pigloo »2 que l’on connaît grâce à son titre indémodable « Moi j’aime skier ».
Ces œuvres minables …pardons mineures sont accompagnées de clips 3D aux couleurs criardes et à l’animation bas de gamme.

  Le vidéoclip de Yannick Noah est d’une niaiserie sans borne. Selon des sources que je tairais, le titre de travail de ce morceau était : « être méchant ce n’est pas bien ».

L’animation est un pot pourri entre de la didactique d’entreprise, de l’anim’ SD3  Flash, des emprunts aux vieux jeux vidéos (Donkey Kong, Pac Man) et à des films d'animation ("Les Triplettes de Belleville"), des décors au rendu semi réaliste à une passe et des personnages caricaturaux en rendu toon shade.



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Si je devais m’avancer à une comparaison culinaire, je dirais que ce clip est comme une choucroute au chocolat et wasabi. Indépendamment tous est bon mais l’ensemble est indigeste. 

« Aux arbres citoyens » n’a pas de second degré ni l’utilisation intelligente des références aux jeux vidéos (Les Sims) du clip « Remind Me » De Royksopp.

Le graphisme « cute » rappelle le « Small World » Disneyland. Un monde de gentils petits êtres humains de toutes les couleurs qui chantent à l’unisson des refrains qui rendent fou.

Le clip nage dans le pathos et le graphisme décrédibilise toute tentative de projection propre à une prise de conscience. Tout est bien pensant et infantilisant. A moins qu’il ne s’adresse aux enfants, ou à l’enfant qui sommeille en nous … et encore. Je me sens plus en régression qu’en osmose avec notre sportif chanteur.

La deuxième personnalité préférée des Français (devant Nicolas Hulot) a-t-elle peur de frustrer quelques egos ou de perdre son cœur de cible 4 avec un engagement plus marqué. Tout le monde est d’accord pour « changer les choses » mais j’ai peur que le dessin d’un écosystème d’une vache bourguignonne ne soit pas le plus efficace (l’ironie veut que, dû à l’élevage intensif mondial, les pets de vache éjectent dans l’atmosphère un maximum de méthane, seconde cause de l’effet de serre après le dioxyde de carbone).

 
Alors que j’écrivais ces quelques lignes, est passé sur FIP ce morceau « Objectif Terre » de Ridan (pas de clip).
Bien que le sujet soit identique et que la forme musicale proche on peut noter l’effort de  Ridan qui ose quelques gros.


Il n’est pas évident en 3/4 minutes de faire passer un message, de bousculer une idéologie, de tordre le coup à des idées reçues, autrement dit, de s'engager en tant qu’artiste sans tomber dans le mièvre, le moralisateur ou le râleur.
Mais c’est possible. Sans mièvrerie. Sans moralisation. Et avec beaucoup de talent et cela fera l’objet d’un prochain post.

 En attendant je vous recommande le visionnage de ce clip de Ridan (encore) parce que c’est un morceau sympa et que le clip s’en sort plus qu’honorablement dans le genre « papier-découpé-sous-After-Effect ».

 

 

1 « Bébé Lilly » 

2 « Pigloo » 

3 SD : Super Déformé (Super Deformed) est un style graphique surtout utilisé dans les jeux vidéo et les mangas. Il désigne un style de dessin particulier, dans lequel un personnage est dessiné avec une tête énorme. Exemple 

4 Au sein de la cible générale d’un produit ou d’un artiste en occurrence on distingue souvent un cœur de cible sur lequel on concentrera l’effort de communication en raison de son importance. Ou encore ceux qu’on évite de brusquer au risque de les perdre.


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Jeudi 4 octobre 2007
- Par Alban

En 1979, Valéry Giscard d'Estaing est président de la République Française et on continue de porter des manteaux en peau de mouton retourné.
Les trente glorieuses finissent et le deuxième choc pétrolier de 79 achève de plomber les esprits. C’est dans ce contexte de joyeuse poilade que sort le double album conceptuel « the Wall » des « Pink Floyd ». Et ce n’est pas Pink, le héros musical de l’album, dépressif, schizophrène un brin suicidaire qui va faire rêver la ménagère.

 
Gerald Scarfe réalise à l’occasion de la sortie du single le clip d’Another Brick in the Wall (Part 2) 

Cet illustrateur et caricaturiste politique anglais propose un mélange de film live et d’animation qui inspireront plus tard des passages du film d'Alan Parker (le prof qui charcute les gosses, par exemple). Et ce qu’il y a de plus remarquable c’est que derrière l’apparence décousue du montage se trouve un petit bijou de collage vidéo. Entre les scènes tournées en extérieur, les plans tournés en studio et l’animation, ce clip donne tout son (non) sens à la musique de nos petits rockers anglais.

Il y a des gens qui s’en vont comme une seule personne.
Il y a des enfants qui chantent dans une mise en scène digne du « village des damnés »

votd-logo.jpg "Le village des damnés"

Il y des profs qui se transforment en marteaux et qui marchent au pas, comme une légion de soldats aveugles aux ordres d’une administration totalitaire.

Pink-Floyd---The-Wall--1-20-40-17-.jpg

Le tout dans un graphisme très « dessin de presse » qui achève de donner la tournure définitivement sociale et un poil visionnaire à l’album déjà couvert de gloire (dix ans plus tard, une tripotée de petits jeunes allaient gaiement casser de la briquette à Berlin).

berlinlp.jpg

Redécouvrons donc le morceau miraculeux de Pink Floyd, l’élégance épurée des images de Scarfe et le film de Parker réalisé en 1982 toujours d'actualité.



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