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Thomas

Dimanche 28 octobre 2007
- Par Thomas
Les Soundies
Dans une exploration historique, je suis tombé sur un objet surprenant, le jukebox Panoram. Apparu en 1940 aux États-unis, et un peu plus tard en France, l'appareil projetait une vidéo, appelée soundie, juste au dessus du disque que diffusait le titre.
On a véritablement affaire aux premiers clips, et vous allez le voir, les soundies ne manque pas de charme. Les moyens techniques utilisés pour l'exemple ne sont pas ridicules, avec les piliers narratifs qui sont désormais des classiques modernes*.


panoram.jpg































 


Duke Ellington-Hot Chocolate



Les Scopitones
Un peu plus tard après la guerre, les français inventent le scopitone à partir de pièces récupérées à l'armée américaine. La demande de clips est importante, et les réalisateurs réalisent les vidéos en 2 ou 3 heures. La discipline est saluée par les Cahiers du cinéma; Claude Lelouch débute sa carrière en réalisant une centaine de productions, dont la plus célèbre reste Tout les garçons et les filles de Françoise Hardy. Le scopitone semble très lié à l'esthétique naïve des Yéyés (quelle appellation horripilante), période de sa courte existence.

scopitone1.jpg


































scopitone2.jpg























 



*Pour voir plus de Soundies : ici, , blig, blang


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Samedi 6 octobre 2007
- Par Thomas
Une nouvelle de Mark Twain, la télégraphie mentale, est un récit des expériences curieuses liées à l'échange d'idées. Il avance une théorie : lorsqu'une personne a une intention, elle émet un signal, qu'il est possible de réceptionner. Je ne sais pas si j'ai reçu les ondes d'Alban à propos de l'initiative d'un article sur Pink Floyd, mais la coïncidence est amusante, étant donné que nos deux articles parlent du même groupe s'en s'être concertés.

2001-echoes.jpg




















L'assemblage de la vision, par l'image animée, et de l'ouïe, par la musique, atteint parfois un endroit de mon cerveau que je perçois comme sauvage, dénué d'automatismes, d'inhibitions et de neurotransmetteurs routiniers. La narration traditionnelle, les images trop précises, sont des obstacles à l'atteinte de cette zone. Il ne s'agit ni de transe, ni de plaisir pur, plutôt d'un état de conscience assez complex, lié à l'existence, à la solitude et à la fraternité, qui m'offre un recul vertigineux, euphorisant et libérateur (Pardon pour cette emphase). Les deux entités artistiques réunies pour l'occasion ont d'ailleurs des intentions proches de ce que j'évoque, des ressemblances dans leurs créations, une certaine complémentarité même, sans jamais n'avoir collaboré de façon direct.
C'est en effet par hasard, en remplaçant la bande-son originale du dernier chapitre de 2001 : a Space Odyssey (1968) par Echoes (1971), qu'on s'est aperçu d'un mariage évident, presque idéal. Si vous vous dites que Pink Floyd s'accorde avec tout, regardez la vidéo et vous observerez des coïncidences visuelles et instrumentales troublantes. Les grands ensembles musicaux correspondent notamment aux séquences narratives du chapitre, et les deux bandes font exactement la même durée.
Peu d'éléments sont avérés quant aux intentions du groupe, mais certains témoignages laissent à penser que le morceau a été composé avec le dernier chapitre de 2001 en tête. Roger Watters, leader des Pink Floyd, a dit que le plus grand regret de sa vie était d'avoir refusé de composer la bande originale du film de Kubrick. Il ne serait pas impossible que deux ans après la sortie de Space odyssey, à l'enregistrement de l'album meddle, ce dernier ai voulu se rattraper. Toutefois, deux arguments vont contre cette hypothèse : d'une part les flamands roses ont toujours niés l'intention de vouloir illustrer Jupiter and beyond the infinite*, et d'autre part il leurs était impossible techniquement et financièrement de travailler en synchronisation avec la bande vidéo. Le mystère attachant de cette histoire contribue à renforcer l'aspect magique de la rencontre, que je vous propose de regarder ici ou de télécharger .
Si vous avez d'autres informations pour percer le secret, faites le moi savoir. De mon côté, j'aurai peut-être une autre explication. Et si je vous parlais de télégraphie mentale...

Pour ceux qui ont besoin d'un rafraîchissement de la mémoire à propos de 2001, voici un bon article, simple et complet. Le chapitre en question est d'ailleurs parfaitement expliqué.

*Nom du dernier chapitre de 2001 : a space odyssey

merci à jérémie


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Mardi 25 septembre 2007
- Par Thomas

Vous vous êtes déjà probablement posé la question en observant les écrans plats des magasins technologiques si le format 16/9ème était plus intéressant, et pourquoi les personnes qui ne regardent que la télévision sont condamnés, puisqu’il n’y a plus que ça, à acheter une dalle qui soit rognera une partie de l’image 4/3, soit aplatira (encore plus) Dechavane, soit rendra inactive deux cotés « inutilisés » de l’écran. Finalement, c’est peut-être une revanche du Cinéma qui réussit à imposer son format standard à la même télévision, qui avait pourtant provoquée il y a presque soixante ans la plus grande crise financière de l’histoire du 7ème art.

En 1953, les majors se devaient en effet de trouver une solution pour apporter une valeur ajoutée à la télévision, qui offrait à moindre coût un spectacle tout aussi attractif. C’est en élargissant le format jusqu’à un rapport de 1:2,35* (le Cinémascope), et en améliorant l’acoustique que le public revint, conquit par l’aspect panoramique, gigantesque et spectaculaire des films. Par la suite, le 16/9ème, un peu moins large, offrit un compromis accordant les deux parties.

En considérant, comme nous le faisons ici, le clip vidéo comme une discipline artistique, la question du mode de diffusion semble essentielle à mettre en cause. D’abord, comment le public y a-t-il accès et dans quelles conditions.

Un petit mot d’abord sur le mode de visionnage, tel que je l’ai observé, qui semble subir un régime particulier. En mettant de côté internet, le clip vidéo est rarement effectué de façon exclusive : c’est par exemple sur le canapé du salon, en train de lire un article, de discuter, avec un oeil distrait sur la chanson que plaît. C’est aussi moins de dix secondes dans un magasin ou un café, entre deux activités. Il est rare de prendre la décision de regarder des clips, de façon attentive, et la méconnaissance de l’ordre de diffusion participe au côté aléatoire du visionnage. Disons que pour la plupart des cas, le terme « toile de fond » est approprié.

Dans cette logique de diffusion, les chaînes musicales se permettent depuis quelques années d’ajouter des éléments supplémentaires à l’écran. D’abord le traditionnel logo, plus le nom de l’émission, et depuis peu des éléments défilants, sous la forme de bandeau en haut ou en bas de l’écran. Il s’agit d’informations, de messages SMS, ou d’annonces de la chaîne. Je ne serais donc pas surpris, avec l’agrandissement de la taille des écrans, qu’on ai bientôt droit à des interfaces d’écran splittés deux ou trois fois, avec plusieurs logos, bandeaux, à l’image de ce que le web nous propose actuellement.

On assiste donc à l’apparition d’un format particulier, comme le montre l’image ci-dessous, très large, et qui n’est pas sans rappeler le cinémascope évoqué précédemment. Cette proportion laisse de la place aux éléments graphiques supplémentaires (absents sur l’exemple), et la superposition devient plus facile.

 

montage-images.jpg











































Le propos de cet article n’est pas de mettre en cause ce format d’image, contraignant, mais avec lequel certains cinéastes ont fait des merveilles**. Je mettrai tout de même une réserve, étant donné qu’il a été conçu pour des écrans gigantesques, et non pas sur les petits formats que sont comparativement les téléviseurs. Ce qui semble plus gênant, ce sont les raisons présumées qui nous amènent à un tel format, et la vision irrespectueuse de la discipline que véhicule les chaînes, s’autorisant à parasiter le travail d’un réalisateur. Du côté des metteurs en scène, reste à savoir quelles sont les conditions, pressions que ces derniers subissent pour accepter de voir dévaluer leur création. Du côté des musiciens, ont-ils conscience du phénomène, et ont-ils leur mot à dire. Plus globalement il serait intéressant de savoir dans quel proportion s’applique ces changements, qui ne sont qu’une observation de ma part, à relativiser et à approfondir, puisqu’elle ne concerne que pour l’instant certaines chaînes musicales. Après tout, il peut s’agir d’une simple mode qui concerne ce format. Il connote une certaine élégance, et pourrait correspondre au retour aux années 50 déjà évoqué dans un article précédent.

Voici beaucoup de questions auxquelles je donnerai suite par des interviews des principaux concernés dans les semaines à venir.


*L’image est 2, 35 fois plus grande dans le sens de la largeur que dans celle de la hauteur.

** Voici un clip qui visuellement utilise intelligemment un format très large.




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Vendredi 14 septembre 2007
- Par Thomas

La réflexion m'est venue en découvrant ce clip il y a quelques temps, grâce à Caroline. Rassurez-vous, je ne me lancerai pas dans une tentative de réponse à cette question bien complexe, étant donné la subjectivité et les divers facteurs de variabilité inhérents à la création en général.
Je voulais simplement vous faire partager ce sommet, rencontre fusionnelle entre un musicien inspiré et un vidéaste de talent. Ici, le site de Itoura Moussongo.



À noter : le choix de l'étiquette noire « TUBE » par le spécialiste des étiquettes d'M6.
  

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