Une nouvelle de Mark Twain, la télégraphie mentale, est un récit des expériences curieuses liées à l'échange d'idées. Il avance une théorie : lorsqu'une personne a
une intention, elle émet un signal, qu'il est possible de réceptionner. Je ne sais pas si j'ai reçu les ondes d'Alban à propos de l'initiative d'un article sur Pink Floyd, mais la coïncidence est
amusante, étant donné que nos deux articles parlent du même groupe s'en s'être concertés.
L'assemblage de la vision, par l'image animée, et de l'ouïe, par la musique, atteint parfois un endroit de mon cerveau que je perçois comme sauvage, dénué d'automatismes, d'inhibitions et de
neurotransmetteurs routiniers. La narration traditionnelle, les images trop précises, sont des obstacles à l'atteinte de cette zone. Il ne s'agit ni de transe, ni de plaisir pur, plutôt d'un état
de conscience assez complex, lié à l'existence, à la solitude et à la fraternité, qui m'offre un recul vertigineux, euphorisant et libérateur (Pardon pour cette emphase). Les deux entités
artistiques réunies pour l'occasion ont d'ailleurs des intentions proches de ce que j'évoque, des ressemblances dans leurs créations, une certaine complémentarité même, sans jamais n'avoir
collaboré de façon direct.
C'est en effet par hasard, en remplaçant la bande-son originale du dernier chapitre de 2001 : a Space Odyssey (1968) par Echoes (1971), qu'on s'est aperçu d'un mariage évident,
presque idéal. Si vous vous dites que Pink Floyd s'accorde avec tout, regardez la vidéo et vous observerez des coïncidences visuelles et instrumentales troublantes. Les grands ensembles musicaux
correspondent notamment aux séquences narratives du chapitre, et les deux bandes font exactement la même durée.
Peu d'éléments sont avérés quant aux intentions du groupe, mais certains témoignages laissent à penser que le morceau a été composé avec le dernier chapitre de 2001 en tête. Roger Watters,
leader des Pink Floyd, a dit que le plus grand regret de sa vie était d'avoir refusé de composer la bande originale du film de Kubrick. Il ne serait pas impossible que deux ans après la
sortie de Space odyssey, à l'enregistrement de l'album meddle, ce dernier ai voulu se rattraper. Toutefois, deux arguments vont contre cette hypothèse : d'une part les flamands
roses ont toujours niés l'intention de vouloir illustrer Jupiter and beyond the infinite*, et d'autre part il leurs était impossible techniquement et financièrement de travailler en
synchronisation avec la bande vidéo. Le mystère attachant de cette histoire contribue à renforcer l'aspect magique de la rencontre, que je vous propose de regarder ici ou de télécharger là.
Si vous avez d'autres informations pour percer le secret, faites le moi savoir. De mon côté, j'aurai peut-être une autre explication. Et si je vous parlais de télégraphie mentale...
Pour ceux qui ont besoin d'un rafraîchissement de la mémoire à propos de 2001, voici un bon
article, simple et complet. Le chapitre en question est d'ailleurs parfaitement expliqué.
*Nom du dernier chapitre de 2001 : a space odyssey
merci à jérémie