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Samedi 6 octobre 2007
- Par Thomas
Une nouvelle de Mark Twain, la télégraphie mentale, est un récit des expériences curieuses liées à l'échange d'idées. Il avance une théorie : lorsqu'une personne a une intention, elle émet un signal, qu'il est possible de réceptionner. Je ne sais pas si j'ai reçu les ondes d'Alban à propos de l'initiative d'un article sur Pink Floyd, mais la coïncidence est amusante, étant donné que nos deux articles parlent du même groupe s'en s'être concertés.

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L'assemblage de la vision, par l'image animée, et de l'ouïe, par la musique, atteint parfois un endroit de mon cerveau que je perçois comme sauvage, dénué d'automatismes, d'inhibitions et de neurotransmetteurs routiniers. La narration traditionnelle, les images trop précises, sont des obstacles à l'atteinte de cette zone. Il ne s'agit ni de transe, ni de plaisir pur, plutôt d'un état de conscience assez complex, lié à l'existence, à la solitude et à la fraternité, qui m'offre un recul vertigineux, euphorisant et libérateur (Pardon pour cette emphase). Les deux entités artistiques réunies pour l'occasion ont d'ailleurs des intentions proches de ce que j'évoque, des ressemblances dans leurs créations, une certaine complémentarité même, sans jamais n'avoir collaboré de façon direct.
C'est en effet par hasard, en remplaçant la bande-son originale du dernier chapitre de 2001 : a Space Odyssey (1968) par Echoes (1971), qu'on s'est aperçu d'un mariage évident, presque idéal. Si vous vous dites que Pink Floyd s'accorde avec tout, regardez la vidéo et vous observerez des coïncidences visuelles et instrumentales troublantes. Les grands ensembles musicaux correspondent notamment aux séquences narratives du chapitre, et les deux bandes font exactement la même durée.
Peu d'éléments sont avérés quant aux intentions du groupe, mais certains témoignages laissent à penser que le morceau a été composé avec le dernier chapitre de 2001 en tête. Roger Watters, leader des Pink Floyd, a dit que le plus grand regret de sa vie était d'avoir refusé de composer la bande originale du film de Kubrick. Il ne serait pas impossible que deux ans après la sortie de Space odyssey, à l'enregistrement de l'album meddle, ce dernier ai voulu se rattraper. Toutefois, deux arguments vont contre cette hypothèse : d'une part les flamands roses ont toujours niés l'intention de vouloir illustrer Jupiter and beyond the infinite*, et d'autre part il leurs était impossible techniquement et financièrement de travailler en synchronisation avec la bande vidéo. Le mystère attachant de cette histoire contribue à renforcer l'aspect magique de la rencontre, que je vous propose de regarder ici ou de télécharger .
Si vous avez d'autres informations pour percer le secret, faites le moi savoir. De mon côté, j'aurai peut-être une autre explication. Et si je vous parlais de télégraphie mentale...

Pour ceux qui ont besoin d'un rafraîchissement de la mémoire à propos de 2001, voici un bon article, simple et complet. Le chapitre en question est d'ailleurs parfaitement expliqué.

*Nom du dernier chapitre de 2001 : a space odyssey

merci à jérémie


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Jeudi 4 octobre 2007
- Par Alban

En 1979, Valéry Giscard d'Estaing est président de la République Française et on continue de porter des manteaux en peau de mouton retourné.
Les trente glorieuses finissent et le deuxième choc pétrolier de 79 achève de plomber les esprits. C’est dans ce contexte de joyeuse poilade que sort le double album conceptuel « the Wall » des « Pink Floyd ». Et ce n’est pas Pink, le héros musical de l’album, dépressif, schizophrène un brin suicidaire qui va faire rêver la ménagère.

 
Gerald Scarfe réalise à l’occasion de la sortie du single le clip d’Another Brick in the Wall (Part 2) 

Cet illustrateur et caricaturiste politique anglais propose un mélange de film live et d’animation qui inspireront plus tard des passages du film d'Alan Parker (le prof qui charcute les gosses, par exemple). Et ce qu’il y a de plus remarquable c’est que derrière l’apparence décousue du montage se trouve un petit bijou de collage vidéo. Entre les scènes tournées en extérieur, les plans tournés en studio et l’animation, ce clip donne tout son (non) sens à la musique de nos petits rockers anglais.

Il y a des gens qui s’en vont comme une seule personne.
Il y a des enfants qui chantent dans une mise en scène digne du « village des damnés »

votd-logo.jpg "Le village des damnés"

Il y des profs qui se transforment en marteaux et qui marchent au pas, comme une légion de soldats aveugles aux ordres d’une administration totalitaire.

Pink-Floyd---The-Wall--1-20-40-17-.jpg

Le tout dans un graphisme très « dessin de presse » qui achève de donner la tournure définitivement sociale et un poil visionnaire à l’album déjà couvert de gloire (dix ans plus tard, une tripotée de petits jeunes allaient gaiement casser de la briquette à Berlin).

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Redécouvrons donc le morceau miraculeux de Pink Floyd, l’élégance épurée des images de Scarfe et le film de Parker réalisé en 1982 toujours d'actualité.



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Mercredi 3 octobre 2007
- Par Manuel
Le jour où Britney Spears débarque sur le petit écran déguisée en pompom girl sulfureuse dans Baby, one more time..., c'est l'effervescence : la blondinette gentillement perverse, qui s'amuse à prendre des poses de lolita tout en jouant les sainte-nitouche, incarne à merveille un certain idéal masculin et américain, mélange de puratinisme (blondeur, jeunesse, innocence) et de pornographie (sexualisation de l'adolescence, artificialité des corps, raccolage). La prod de l'époque avait très bien réussi son coup : d'emblée, la jeune Britney, élevée à la sauce Brodway-Mickey Mouse Club, devenait image, icône indissolublement associée à son uniforme de highschool girl, jupette, couette et soquettes. Or, voilà bientôt dix ans que Britney occupe l'espace musical et il est intéressant de constater retrospectivement que sa clipographie est hantée par la problématique d'un rapport toujours plus aliénant  à l'image : à partir de son deuxième album, et une fois l'imagerie de l'écolière fleur bleue épuisée avec les premiers singles, les clips de Britney, tout en restant d'une facture très classique et médiocre, multiplient les mises en scène où la blonde chante ses difficultés à se détacher d'un système médiatique qui l'assigne à résidence dans sa propre image. Ces critiques faciles du show-business sont certes très hypocrites puisqu'elles sont instrumentalisées par et au profit de ce même star-system, mais elles revêtent également un tour assez pathétique dans la mesure où Britney semble, plus que autre artiste de la génération MTV, s'être réellement perdue dans ce jeu de miroirs. Britney, ou la chronique d'une vi-e-déoclip.

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Tout commence avec Lucky, chanson qui parle d'une Hollywood girl au sommet de sa gloire, à qui seul manque l'amour (!). Au-delà du cliché bien-pensant, le clip fonctionne selon un jeu de mises en abyme dans lequel tout décor débouche sur un décor encore plus faux que le précédent : la scène de théâtre inaugurale depuis laquelle Britney commente la vie de son propre avatar : "- This is a story about a girl named Lucky..." conduit à un panneau publicitaire où s'affiche en gros plan le visage de la starlette, puis à une chambre à coucher qui se révèle être en fait un décor de studio. La cérémonie des Oscar qui clôt le tout fonctionne également comme une mise en scène savamment orchestrée et médiatisée.

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Dans cette scénographie baroque, où abondent faux-semblants, doubles et miroirs, même la bonne étoile est en carton pâte : la gloire hollywoodienne, cadeau empoisonné n'apportant qu'un semblant de vie ? En tout cas, l'existence s'affiche comme une succession d'apparences factices qui ne débouche sur aucun sens. Tout n'est qu'illusion et théâtre - et Britney, d'abord hors jeu (elle est devant le rideau), est in fine happée par la scène (le rideau se referme sur elle).

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En outre, la starification, facteur d'aliénation existentielle qui réduit la chanteuse à une icône bidimensionnelle (voir les posters placardés sur les murs de Overprotected), transforme également sa vie en objet de consommation : en plus du leitmotiv des paprazzi et des caméras de surveillance qui apparaissent dans plusieurs vidéos, le clip de Everytime, qui s'ouvre d'ailleurs sur une affiche pour un show de Britney, met en scène la surmédiatisation de la vie sentimentale de la chanteuse et son exploitation par la presse people.

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Or, paradoxalement, et c'est là que le jeu prend une tournure équivoque, Britney ne se contente pas de mettre en scène une critique du star-system (un peu comme l'avaient fait Madonna et J-Lo), mais elle se sert également du clip comme tribune pour lancer des messages privés : le clip devient tour à tour declaration de foi (le gros plan sur le fameux bracelet rouge du Centre de la Kabbale, toujours dans Everytime), aveu d'un désir de maternité (la dernière image du même Everytime, puis le clip Someday I will understand réalisé pendant sa grosses), réglement de compte avec son ex-boyfriend (le sosie de Justin Timberlake dans Do somethin'), ou encore faire-part de son mariage avec Kevin Federline (My Prerogative, avec prêtre, cérémonie privée et couche nuptiale).

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Mais le plus symptomatique dans tout ce jeu
schizophrénique avec sa propre image, c'est la tentative sans cesse renouvelée de Britney de casser son image d'ado gâtée et sa quête pathétique de crédibilité. Or, à l'inverse d'une Madonna, capable de jouer avec les étiquettes et d'incarner tour à tour la mère et la pute, l'ado rebelle et la femme libérée, de changer tout en étant dans l'air du temps, Britney semble toujours prisonnière de son image de lolita américaine, qu'elle tente désespéremment d'avilir : d'où des clips de plus en plus vulgaires, vainement provoc' et faussement trash (voir I'm a slave 4 U, Toxic ou Me against the music), dans lesquels la blondinette semble crier : "- Regardez-moi, je ne suis pas que cela...". Britney, ou le syndrôme Marylin version "Closer".

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Lundi 1 octobre 2007
- Par Matthieu
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Ca y est, je viens de prendre ma première claque de l’année… et sûrement pas la dernière vu ma capacité à m’enflammer au moindre nouveau truc vaguement rock’n’roll. Bref, j’étais tranquillement installé sur mes toilettes à lire les inrocks (et oui c’est là qu’on les lit) quand je suis tombé sur leur hebdomadaire nouveau meilleur groupe du monde. Vous allez me dire que c’est un peu facile de faire du sarcasme alors que je me suis extasié quatre lignes plus haut…eh bien vous avez probablement raison, mais essayez donc d’argumenter avec un post. Bien. Recentrons le débat. Les grands gagnants de la semaine s’appellent the Teenagers et ils sont français. C’est que ça marche bien le froggy en ce moment (prenez les Justice, Phœnix et consorts si vous avez encore besoin de vous en convaincre). Leur premier single s’intitule Homecoming et raconte comment nos amis anglais conçoivent leurs relations avec les jeunes demoiselles yankees. Le clip nous plonge dans une ambiance visuelle proche du virgin suicide de Sofia Coppola. Les trois jeunes frenchy n’en peuvent plus et surjouent le coté dandy provoc…mais ça marche et après tout c’est bien la le principal.

Have a look


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